Cléronne à Paris
Cléronne parfois Claironne !
Mulâtresse, elle naît esclave vers 1802 à Capesterre-Belle-Eau, en Guadeloupe, certainement sur l'habitation de la baronne de Cambefort. Vers 1820, elle donne naissance à une métive, Marie Lozéa.
Plus tard et femme de confiance, Cléronne se rend indispensable auprès de sa maîtresse et de la fille de celle-ci, la vicomtesse de Gauville, dont elle allaite et nourrit les deux enfants. Elle accompagne ses maîtres lors d'un voyage en France. Par le fait de "fouler le sol de France" elle est donc libre et affranchie.
Elle reprend le bateau pour la Guadeloupe avec sa maîtresse et ce dévouement est récompensé le 3 novembre 1827. À l'occasion de la fête du Roi, le Conseil privé de la Guadeloupe décide de lui donner la liberté de droit afin qu'elle puisse épouser Louis Robert, déjà "homme libre" et père de Marie Lozéa. La taxe est réduite à 500 francs, le Trésor conservant une ancienne caution de 1 000 francs versée par la baronne lors de leur séjour en France[1]. Le 28 février 1828, Cléronne est officiellement libre après avoir payé la taxe ou patente.
Après la naissance d'un autre enfant en 1830 à Capesterre-Belle-Eau, elle retourne en métropole, comme en témoigne la naissance de son fils, Charles Ernest, qui voit le jour à Paris vers 1831. A nouveau de retour en Guadeloupe, elle accouche d'une fille prénommée Adeline, le 16 janvier 1836, sur l'Habitation Doyon.
Peu après, sa fille Marie Lozéa Robert se marie le 26 novembre 1844 avec Charles Bastien à Paris en l'église Saint-Louis d'Antin.
En octobre 1854, alors recensée sous le matricule n° 2180, Céronne s'établit à l'Îlet Carangaise (Section Grande Rivière) et devient propriétaire.
Le 29 mars 1864, Marie Lozéa décède à Paris, rue Saint-Lazare, et son mari Charles revient à Capesterre et y meurt en 1867 laissant des 5 enfants.
C'est le 23 décembre 1865 que Cléronne s'éteint à son tour à l'âge de 62 ans. Sa mort survient au sein de la geôle de Capesterre-Belle-Eau, constatée par le brigadier de police et le surveillant de la prison.
Son parcours, qui avait commencé en esclavage et s'était élevé vers la propriété et la liberté, s'achève ainsi de manière abrupte en prison.
